View Full Version : Deux bateaux de pro-palestiniens tentent de briser le blocus de Gaza
Asalam'3Alaykum:
Deux bateaux transportant une quarantaine de militants pro-palestiniens voulant briser par la mer le blocus israélien de la bande de Gaza ont quitté vendredi matin le port de Larnaca, dans le sud de Chypre.Les embarcations ont quitté Larnaca à 09H50 (06H50 GMT), et devaient être escortées, selon les autorités chypriotes, par un bateau des gardes-côtes pendant trois milles nautiques (5,5 km). Quelque 370 km séparent l'île de Chypre de la bande de Gaza, distance que les organisateurs espéraient couvrir en une vingtaine d'heures.Plus de quarante personnes, originaires de 14 pays et âgées entre 22 et 81 ans, ont pris place dans les deux grandes barques de pêche, dont le départ a été salué par une petite foule."Notre mission est de dénoncer l'illégalité des actions israéliennes, et de briser le siège afin d'exprimer notre solidarité avec le peuple de Gaza qui souffre", indique vendredi dans un communiqué le Mouvement liberté pour Gaza.Ce mouvement a été fondé il y a deux ans et regroupe notamment des défenseurs des droits de l'Homme, des travailleurs humanitaires et des journalistes, selon son site www.freegaza.org.Parmi les passagers figure Lauren Booth, la belle-soeur de l'ancien Premier ministre Tony Blair, actuellement représentant du Quartette pour le Proche-Orient.L'Etat hébreu a demandé à ces militants, partis de Crète le 13 août, de ne pas tenter d'approcher de la bande de Gaza, avait indiqué le 19 août l'ambassade israélienne à Athènes.Nombre de militants, dont la plupart sont américains et britanniques, ont affirmé avoir reçu des menaces de mort pour les dissuader de mener cette expédition.Les deux bateaux, baptisés Liberty et Free Gaza, naviguent sous pavillons grecs et transportent 200 prothèses auditives pour les enfants de Gaza et 5.000 ballons."Pour ôter à Israël tout prétexte +de sécurité+, nos bateaux ont été inspectés et certifiés par les autorités chypriotes comme ne transportant aucune arme ou (objet de) contrebande de quelque sorte", indique encore le communiqué."Nous sommes des défenseurs des droits de l'Homme, invités à visiter Gaza par nos partenaires palestiniens (...) Si Israël décide de nous arrêter par la force et fouiller nos bateaux, nous ne résisterons pas par la force", poursuit le texte."Une telle fouille se fera sous la contrainte et avec notre protestation formelle. Après cette fouille, nous nous attendons à ce que la marine israélienne s'écarte pour que nous puissions continuer pacifiquement vers Gaza".Israël impose un blocus à la bande de Gaza depuis janvier en guise de riposte aux tirs de roquettes palestiniennes contre son territoire.En mars, des organisations humanitaires internationales avaient affirmé que la situation humanitaire dans la bande de Gaza, où vivent 1,5 million de personnes, était la pire depuis l'occupation du territoire par Israël en 1967.
AFP : 22.08.2008 - 09:18:30
Asalam'3Alaykum:
Proche-Orient: deux bateaux pro-palestiniens ont réussi à gagner la bande de Gaza
L'objectif des 44 militants est d'attirer l'attention de la communauté internationale sur le sort des 1,5 million de Palestiniens qui font l'objet du blocus imposé par Israël.
Deux bateaux transportant une quarantaine de militants pro-palestiniens ont réussi aujourd'hui à gagner la bande de Gaza après qu'Israël les eut autorisés à passer malgré son blocus du territoire contrôlé par les islamistes du Hamas.
L'objectif des 44 militants était d'attirer l'attention de la communauté internationale sur le sort des 1,5 million de Palestiniens qui font l'objet d'un blocus imposé par Israël depuis des mois.
Au terme d'un périple débuté en Grèce, avec des escales à Rhodes, en Crète et à Chypre, les 44 militants sont arrivés dans le port de Gaza peu avant 18H00 (15H00 GMT), accueillis par des centaines de Palestiniens brandissant des drapeaux et de nombreuses petites embarcations venues à leur rencontre.
Israël avait dans un premier temps demandé aux militants de ne pas s'approcher des côtes du territoire palestinien mais avait finalement décidé samedi de les laisser passer.
"Ils voulaient une provocation en mer mais ils ne l'auront pas. Nous savons qui sont les passagers et ce qu'ils transportent, donc nous ne voyons aucun problème à les laisser entrer", a déclaré à l'AFP le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Aviv Shiron.
"Il n'y aura aucun contact entre la marine (israélienne) et les bateaux", a-t-il ajouté.
Depuis le début de la traversée, les militants pro-palestiniens craignaient qu'Israël ne les empêche de mener à bien leur opération.
Avant leur départ de Chypre vendredi matin, ils avaient affirmé avoir reçu des menaces de mort pour les dissuader de prendre part à l'expédition et samedi matin, ils avaient dit, dans un message envoyé depuis leurs bateaux, que leurs systèmes de communications avaient été brouillés.
Mardi, l'Etat hébreu avait demandé aux militants de ne pas tenter de s'approcher de la bande de Gaza.
"Nous supposons que vous avez de bonnes intentions mais, en fait, le résultat de votre action, c'est que vous soutenez le régime d'une organisation terroriste à Gaza", indiquait le ministère israélien des Affaires étrangères dans une lettre ouverte aux participants, en référence au Hamas qui a pris le contrôle de la bande de Gaza par la force en juin 2007.
A Chypre, les militants avaient indiqué que leurs bateaux avaient été "inspectés et certifiés par les autorités chypriotes comme ne transportant aucune arme ou (objet de) contrebande de quelque sorte".
"Liberty" et "Free Gaza", qui battent pavillon grec, transportaient 200 prothèses auditives et 5.000 ballons destinés aux enfants de Gaza.
Parmi les passagers, âgés entre 22 et 81 ans et en majorité américains et britanniques, figure Lauren Booth, belle-soeur de l'ancien Premier ministre Tony Blair, actuellement représentant du Quartette pour le Proche-Orient.
Une vingtaine d'embarcations de pêche palestiniennes, qui avaient quitté samedi matin le port de Gaza pour croiser à la rencontre des deux bateaux, avaient dû rebrousser chemin après des tirs de semonce de vedettes de la marine israélienne, selon une journaliste de l'AFP.
Le "Mouvement liberté pour Gaza", à l'origine de cette opération, a été fondé il y a deux ans et regroupe notamment des défenseurs des droits de l'homme, des travailleurs humanitaires et des journalistes.
En mars, des ONG internationales avaient affirmé que la situation humanitaire dans la bande de Gaza était la pire depuis l'occupation du territoire par Israël en 1967.
Wa Salam
Asalam'3Alaykum:
Haniyeh : « la rupture du blocus par les bateaux de Free Gaza est un succès »
samedi 23 août 2008 - 18h:31
Ma’an News Agency
Les bateaux de Free Gaza ont accosté ce samedi vers approximativement six heures dans le port de Gaza.
Les deux bateaux ont été salués par des centaines de Gazans et journalistes qui ont traversé la plage et se sont empilés dans des bateaux pour accueillir les militants.
Le groupe restera à Gaza pendant au moins dix jours, participant d’abord à une conférence de presse pour traiter de la situation, puis voyageant ensuite dans toute la bande de Gaza pour constater de première main les effets du blocus. Les officiels ont déclaré qu’il était possible que l’équipage puisse rencontrer les responsables politiques locaux, bien qu’aucune décision n’ait été prise.
Au moment où l’équipage pénétrait dans le port, le président palestinien Mahmoud Abbas a appelé les bateaux pour les féliciter de leur voyage et les remercier de leur persévérence.
Le premier ministre du gouvernement de Gaza, Ismail Haniyeh, a donné une conférence de presse et a déclaré que le voyage a réussi en raison de la persévérance de l’esprit palestinien. Il a qualifié le projet Free Gaza de formidable « coup donné au blocus », et il a remercié l’équipage de ses efforts.
Plus tôt ce samedi une réunion du cabinet ministériel israélien avait décidé de ne pas empêcher les bateaux de Free Gaza d’entrer dans le port de Gaza en dépit des menaces précédentes selon lesquelles la force pourrait être employée pour empêcher l’accostage.
Ce samedi 11 bateaux, avec entre autres personnes 20 journalistes, avaient quitté la plage de Gaza pour aller à la rencontre des « bateaux pour Gaza », leur arrivée étant programmée pour midi. Mais les bateaux sont revenus vers le rivage après que des coups de semonce aient été tirés aux alentours de trois heures, et les navires devant briser le blocus n’étaient toujours pas en vue.
Les problèmes rencontrés avec l’équipement de navigation et que l’équipage attribue à du brouillage radio envoyé par les israéliens, a retardé l’arrivée des bateaux.
D’abord prévue en début d’après midi, l’heure d’arrivée des bateaux devait se situer entre 17 et 19 heures ce soir.
Les Palestiniens attendaient nombreux les bateaux depuis le matin, bien qu’ils n’étaient pas encore en vue.
À 10 heures du matin heure locale, l’équipage de Free Gaza a publié le communiqué suivant aux organisateurs du projet :
« Les systèmes électroniques qui garantissent notre sécurité à bord des bateaux Free Gaza et Liberty ont été bloqués et brouillés. Les deux bateaux battent pavillons grecs, et sont dans des eaux internationales. Nous sommes les victimes d’une piraterie électronique. Nous sommes actuellement dans le secteur A2 de GMS-P et nous comptons sur notre équipement de communication par satellites pour lancer si nécessaire un appel de détresse.
Nous sommes des citoyens de 17 nations et nous avons comme objectif de briser le siège de Gaza. Nous ne sommes pas des marins expérimentés. Par conséquent, il y a un risque concernant la sécurité des personnes à bord suite à cette situation d’urgence.
Nous naviguons actuellement sur une mer agitée, et nous faisons appel au gouvernement grec et à la communauté internationale pour qu’ils assument leurs responsabilités et protégent les civils à bord de nos deux bateaux qui sont dans des eaux internationales. »
Jamal Al-Khudari, le président du comité populaire contre le blocus et membre du Conseil Législatif Palestinien avait averti Israël de ne pas nuire aux bateaux, lesquels transportent des militants pacifistes de toutes nationalités et des fournitures médicales pour les habitants de Gaza.
Il a déclaré dans une conférence de presse samedi matin que les organisateurs avaient perdu le contact avec les bateaux pendant plusieurs heures à cause des brouillages par les israéliens des fréquences radio utilisées. Les bateaux ont pu reprendre contact avec Gaza plus tard dans la matinée.
Al-Khudari avait demandé aux militants de persévérer en dépit de ces problèmes, et il a ajouté que l’équipage avait trouvé des mines flottant sous l’eau alors qu’elles entraient dans les eaux de Gaza.
« Nous les accueillerons et les honorerons comme des héros, » a conclu Al-Khudari.
Wa Salam
Asalam'3Alaykum:
Gaza: deux bateaux ayant brisé le blocus repartent à Chypre:
Par Mai YAGHI AFP - Jeudi 28 août, 15h45GAZA (AFP) - Des militants pro-palestiniens qui ont brisé symboliquement par la mer le blocus israélien imposé à la bande de Gaza sont repartis jeudi pour Chypre à bord de deux bateaux, en emmenant sept des Palestiniens bloqués dans le territoire.
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Les deux bateaux de pêche, "Free Gaza" et "SS Liberty", arrivés samedi au port de Gaza avec 44 militants à bord, ont appareillé du port de Gaza vers 12H30 GMT.
Neuf militants qui ont décidé de rester plus longtemps à Gaza n'ont pas embarqué alors qu'un dixième, un Américain, devait tenter de se rendre en Israël jeudi par le terminal routier d'Erez, a indiqué le Mouvement "Liberté pour Gaza (Free Gaza)", qui a organisé le voyage.
Sept Palestiniens, notamment des étudiants inscrits dans des universités étrangères incapables de quitter Gaza en raison du blocus et des malades, se sont joints aux militants sur les bateaux, selon la même source.
Parmi eux figure Saëd Misleh, 12 ans, amputé d'une jambe il y a plus deux ans après avoir été blessé dans l'explosion d'un obus israélien.
"Je vais à Chypre pour me faire poser une prothèse", a dit le garçon à l'AFP.
"Les menaces israéliennes d'intercepter les bateaux ne nous font pas peur. On va briser le blocus pour que mon fils ait son prothèse", lance son père, Khaled Misleh, qui l'accompagne.
Ismaïl Haniyeh, le chef du gouvernement du Hamas, le mouvement islamiste qui contrôle la bande de Gaza, a salué les militants dans le port avant leur départ. Il a leur symboliquement remis des passeports diplomatiques palestiniens.
"Votre venue à Gaza récompense l'endurance du peuple palestinien face à l'occupation", a-t-il dit.
"En venant à Gaza, nous avons constaté l'ampleur du drame et des souffrances vécus par sa population. Ce qui se passe ici est un véritable crime de guerre", a pour sa part indiqué à l'AFP l'une des organisatrices, Houwaida Arraf.
Moushir Al-Farra, l'un des militants, a affirmé que l'objectif du voyage avait été atteint.
"Nous avons réussi à briser le blocus malgré l'occupation israélienne et sa flotte qui n'a pas été capable de défier les militants pro-palestiniens", a-t-il dit. "C'est la première fois en 40 ans que des bateaux (étrangers) arrivent au port de Gaza".
L'objectif des militants, qu'Israël a laissé gagner les côtes de Gaza samedi, était d'attirer l'attention sur le sort des 1,5 million de Palestiniens qui vivent dans cette enclave pauvre de 362 km2 en bordure de la Méditerranée.
Israël lui impose un blocus depuis juin 2007, après la violente prise de pouvoir par Hamas aux dépens du Fatah, le parti du président Mahmoud Abbas. Ce blocus avait été renforcé en janvier 2008 pour riposter aux tirs de roquettes palestiniennes sur Israël.
De petites embarcations de pêche ont accompagné les deux bateaux battant pavillon grec sur quelques milles au large de Gaza.
"Israël n'a pas le droit d'intercepter ces bateaux. Les Palestiniens doivent avoir les mêmes droits que les autres peuples, comment se fait-il qu'ils sont le seul peuple de la Méditerranée à ne pas avoir accès à leurs eaux?", s'est interrogé un autre organisateur, Vaggelis Pissias,.
Le seul Israélien ayant fait le voyage depuis Chypre a été appréhendé mercredi par la police à son retour en Israël par le terminal routier d'Erez.
Jeff Halper, un universitaire natif des Etats-Unis, a été détenu près de 24 heures à la prison d'Ashkelon, au sud de Tel-Aviv, les autorités israéliennes lui reprochant d'être entré illégalement dans un territoire considéré comme "hostile", le Hamas étant qualifié de groupe "terroriste".
La majorité des militants, âgés entre 22 ans et 81 ans, sont Américains et Britanniques, y compris Lauren Booth, belle-soeur de l'ex-Premier ministre Tony Blair, le représentant du Quartette pour le Proche-Orient. Celle-ci fait partie de ceux ayant décidé de rester à Gaza.
Wa Salam
Asalam'3Alaykum:
La belle-soeur de Tony Blair bloquée dans la bande de Gaza
"Sa demande présentée à la fin de la semaine dernière a été refusée car toute personne qui ne rentre pas de manière officielle à Gaza ne peut pas en sortir de manière officielle", a expliqué Gil Karie, porte-parole du ministère de la Défense en charge de la coordination des opérations dans la bande de Gaza.
Lauren Booth était arrivée à Gaza par la mer le 23 août sur l'un des deux bateaux de militants pro-palestiniens qui venant de Chypre ont brisé symboliquement le blocus israélien imposé à la bande de Gaza.
La belle-soeur de Tony Blair, le représentant du Quartette pour le Proche-Orient, a déclaré qu'elle remerciait les autorités israéliennes pour "lui avoir donné la fantastique chance de ressentir exactement ce que cela signifie de vivre dans le plus grand camp d'internement, où les individus qui ont le droit de voyager en vertu du droit international sont retenus dans un camp de 40 km sur 10 km", dans un entretien à la BBC.
Elle a également précisé que les autorités israéliennes avaient refusé de la laisser passer une fois et que les autorités égyptiennes avaient fait de même à deux reprises.
Tony Blair se trouvait mardi en israël où il avait rendez vous avec le ministre israélien de la Défense Ehud Barak en sa qualité d'émissaire international pour la paix au Proche-Orient.
Les deux bateaux de pêche, "Free Gaza" et "SS Liberty", arrivés au port de Gaza avec 44 militants à bord, sont repartis à Chypre le 28 août en emmenant la plupart des militants et quelques Palestiniens bloqués dans le territoire.
Neuf militants dont Lauren Booth avaient décidé de rester plus longtemps à Gaza.
http://fr.news.yahoo.com/afp/20080902/ten-po-israel-palestiniens-egypte-gaza-b-1dc2b55.html
Wa Salam
Asalam'3Alaykum:
Le bateau de l’espoir
mardi 2 septembre 2008 - 06h:11
Saleh Al-Naami - Al Ahram Weekly
Khalil Barini a refusé d’écouter l’avis de ses médecins et les prières de ses fils et de ses filles. Il était décidé à passer 36 heures sur l’une des nombreuses embarcations qui se sont portées à la rencontre du bateau transportant 45 étrangers de plusieurs nationalités, déterminés à montrer leur opposition au blocus de Gaza qui dure depuis plus de deux ans. Le pêcheur de 72 ans qui vit dans la ville de Gaza a dit que ses problèmes de santé ne l’empêcheraient pas de faire ce qu’il considérait comme son devoir. « Je suis très heureux qu’Israël ait finalement dû se plier à la volonté de personnes honorables dans le monde en permettant au bateau d’entrer dans le port de Gaza. C’est le premier pas vers l’effondrement du blocus », a-t-il dit. « Mais en même temps, je me sens très amer. Alors que certains étrangers risquent leur vie pour essayer de forcer le blocus, d’autres, comme nos frères arabes et musulmans, aident à le renforcer ».
Asmahan Abul-Eish, 25 ans, serre son bébé garçon contre elle en embrassant certaines des étrangères à bord. « Je ne peux pas vous décrire le respect que j’éprouve pour les personnes qui sont venues démontrer leur solidarité avec nous contre le blocus », dit-elle à Al-Ahram Weekly. Abul-Eish se fait l’écho du ressentiment de Barini et de beaucoup d’autres Gazaouis à l’égard des pays arabes voisins. L’Égypte, en particulier, est critiquée pour avoir refusé de rouvrir le passage de Rafah malgré le décès de 200 personnes à Gaza qui s’étaient vu refuser la permission de se rendre à l’étranger pour se faire soigner.
Parmi les Palestiniens qui accueillaient le bateau, il y avait des proches de patients décédés faute d’accès aux soins.
Khaled,frère d’Adel Al-Tala, est mort à 35 ans parce qu’il n’avait pas été autorisé à sortir de Gaza pour une angioplastie. Adel était dans la file de ceux qui attendaient de serrer la main du professeur Jeff Halper, seul Israélien à bord du Free Gaza, et il dit « je voudrais exprimer ma gratitude personnelle à ces personnes. Elles incarnent la conscience vivante du monde ». « L’opération qui aurait pu sauver la vie de mon frère était très simple, mais elle ne pouvait pas se faire à Gaza parce que les hôpitaux n’ont pas le matériel nécessaire. Il est mort et laisse cinq enfants, cela à cause de la fermeture du passage de Rafah.
Si les Gazouis ont exprimé avec enthousiasme leur reconnaissance à l’égard des étrangers à bord du bateau, ils se rendent compte que le geste de solidarité est purement symbolique.
Pourtant, ce geste pourrait avoir de puissants effets. L’écrivain et chercheur, Nehad Al-Sheikh Khalil, estime qu’il pourrait provoquer une lame de mouvements de base dans les pays arabes. Si des bateaux en provenance d’Égypte, d’Arabie saoudite, de Jordanie, de Syrie, du Golfe, de Maroc, d’Algérie et de Tunisie essayaient de se frayer un chemin jusqu’à Gaza, cela pourrait inciter les régimes arabes embarrassés à mettre fin à leur collaboration avec le blocus.
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« Les forces populaires dans le monde arabe doivent agir avant qu’il ne soit trop tard. Cela, non seulement pour les Palestiniens, mais afin de forcer leurs propres régimes à respecter la volonté de leur peuple » dit-il.
Gamal Al-Khadari, président du Comité populaire pour la rupture du blocus, qui a participé à l’accueil du bateau, a dit au Weekly : « Étant donné le sabotage électronique, les mines sous-marines et les menaces de l’occupant israélien, ce fut un pas courageux et intrépide vers la rupture du siège de Gaza. L’arrivée des militants étrangers lance un message au monde pour la levée du blocus. « Si des Arabes entreprenaient le même type d’action « le siège serait levé en une heure ».
Les militants étrangers ont été accueillis en héros par le Hamas et le gouvernement intérimaire officieux d’Ismail Haniyeh. Dimanche dernier, Haniyeh a rencontré les 45 militants dans sa maison du camp de réfugiés d’Al-Shati et leur a décerné à chacun une médaille gravée « Rupture du blocus » en reconnaissance de leur rôle dans l’ouverture de la première route maritime vers la Palestine ». Après le déjeuner, il a promis à chacun un passeport palestinien honorifique et la nationalité palestinienne s’ils la souhaitent. Haniyeh a profité de la présence de Lauren Booth, belle-sœur de l’envoyé britannique auprès du Quartet, Tony Blair, pour inviter Blair à visiter Gaza afin qu’il puisse se rendre compte sur place de la situation.
« Votre présence à Al-Shati, un des huit camps palestiniens de réfugiés de Gaza, est la victoire de la volonté humanitaire et de la soif de vérité. Votre détermination pour faire ce voyage a remonté le moral des Palestiniens et a renforcé leur résolution de résister à l’occupation et au blocus » a dit Haniyeh à ses invités.
L’ancien premier ministre a aussi saisi cette occasion pour inciter le Secrétaire général de la Ligue Arabe, Amr Moussa, et les ministres arabes des affaires étrangères, à suivre cet exemple et à se rendre à Gaza via le passage de Rafah. "C’est le geste le plus simple qu’ils puissent poser pour remplir leur devoir national, religieux et humanitaire », dit-il.
Booth a averti les Palestiniens qu’ils ne devaient pas trop se fier aux bonnes intentions des pouvoirs internationaux et, précisément, de son beau-frère, Tony Blair. Elle a lancé un appel aux organisations non gouvernementales dans le monde afin qu’elles intensifient leurs actions pour la levée du siège. Les puissances internationales ont deux poids, deux mesures s’agissant d’Israël et du peuple palestinien, dit-elle, mais ce sont les Palestiniens qui sont les victimes de l’agression israélienne et non pas l’inverse.
De tous les passagers du Free Gaza, celui qui a suscité le plus de curiosité était l’unique Israélien qui avait insisté pour partir à Gaza.
Jeff Halper, professeur d’anthropologie, a dit que sa conscience l’avait obligé à participer à ce voyage et qu’il avait honte de ce que son pays infligeait à plus de 1,5 million de Palestiniens.
« Un regard sur la situation à Gaza suffit pour savoir que ces gens sont victimes d’un désastre humanitaire. C’est lamentable de rester silencieux devant les crimes qui sont commis contre un peuple pour la seule raison qu’il a exercé son droit à élire la personne qu’il jugeait la plus apte » a-t-il dit au Weekly.
Mais pourquoi n’y avait-il pas plus de militants israéliens pacifistes à bord du bateau pour rompre le blocus ?
Ils craignaient, dit Halper, que le public israélien ne les accuse de « sympathiser avec l’ennemi ».
Pour participer au voyage, tous les participants avaient dû signer une déclaration appuyant le droit des réfugiés palestiniens au retour vers les terres dont ils avaient été expulsés.
« Les Israéliens qui se considèrent pacifistes se rendent compte que rejeter le droit des Palestiniens au retour est l’un des piliers de l’unanimité sioniste et ils ne voulaient pas saper cette unanimité » dit Halper qui est membre du Comité israélien contre les démolitions de maisons, organisation qui s’oppose à la destruction par l’armée d’occupation de maisons palestiniennes en Cisjordanie, à Gaza et à Jérusalem.
La réaction officielle d’Israël concernant le Free Gaza est passée par plusieurs stades. Initialement, le Ministère israélien des affaires étrangères a annoncé qu’il interdirait au bateau de pénétrer dans les eaux territoriales de Gaza.
Un porte-parole de l’armée israélienne a déclaré que la marine israélienne avait reçu pour instructions d’empêcher le bateau d’arriver à destination.
Après une série de consultations entre le Premier Ministre israélien, Ehud Olmert, et ses conseillers en médias, il a été décidé de laisser la voie libre au bateau.
Le porte-parole pour les médias, Yanki Galanti, a dit qu’à l’issue de consultations entre l’armée et le Ministère des affaires étrangères, il a été convenu que la meilleure réaction serait de laisser le bateau poursuivre sa course. Cela, a-t-il dit, afin de contrer le but véritable des militants qui était d’attirer l’attention des médias dans l’éventualité où leur bateau serait bloqué par les forces israéliennes.
Dans une déclaration à Maarev, Galanti a dit « Ils voulaient se cogner la tête contre un mur et nous avons donc décidé d’enlever le mur » ajoutant qu’en permettant au bateau de jeter l’ancre au large de la côte de Gaza Israël avait évité une publicité embarrassante.
Il est peut-être trop tôt pour que les officiels israéliens poussent un soupir de soulagement. Les Palestiniens de Gaza ont quant à eux l’impression que l’arrivée du bateau n’est que le début d’une série d’actions qui prendront de la vitesse et amèneront la fin du blocus.
Wa Salam
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